Me voilà quelque temps après la publication de mon article portant le même nom. Pour faire une histoire courte, j’ai dû braver l’urgence. Pas comme professionnel, non. Comme accompagnateur d’un patient.

« Vous devriez rester, il n’y a que 6 heures d’attentes ». Mais non, ce ne sera pas un article sur le temps d’attente de nos urgences.

Voici l’histoire. J’accompagne ma conjointe à l’urgence. Elle est au triage et demeure à l’arrière pour passer un examen quelconque. Un vieux monsieur arrive sur civière en ambulance avec de l’oxygène. Appelons le monsieur Couillard pour les besoins de la cause. Aux frileux, je vous assure qu’il ne s’agit pas de son vrai nom. Je vous laisse deviner où j’ai trouvé le substitut.

Bon, on continue. L’infirmière le trie avec le rapport des ambulanciers. Mis à part quelques bizarreries, tout va bien ; l’infirmière au triage est d’expérience et connait son travail. Elle remarque tout ce qu’il y a à remarquer. Je vous épargne les détails. Jusque là, elle n’en sait pas plus.

Elle aussi a appris, comme la majorité du personnel de l’urgence avec lequel j’ai pu être en contact, à peu écouter les gens. Je ne remets aucunement la compétence de ces personnes, juste leur approfondissement de la relation d’aide. Que voulez-vous, les cours jugés plates au CÉGEP et à l’université! Je blague. La réalité est beaucoup plus complexe que ça. Eux aussi sont exténués.

Soudainement − silence dramatique – la famille arrive. En fait, le fils et la belle-fille. Je n’écoute pas la conversation, je l’entends et je la subis. Je vous rappelle que ma blonde est couchée sur une civière et qu’on est à l’urgence ; ça feel pas fort, comme un dit. L’infirmière n’est pas présente, une première quoi. Monsieur Couillard se fait rassurer. Or, Monsieur Couillard est un peu confus.

Une petite parenthèse comme ça. Des rideaux c’est pas trop étanche au son ; ni aux odeurs, d’ailleurs. Je dis ça comme ça.

L’infirmière arrive, ils échangent quelques banalités. La famille pose quelques questions, l’infirmière a peu de réponses tranchées ; monsieur Couillard vient d’arriver et elle ne connait pas monsieur Couillard. Jusque là, encore normal, on ne peut pas connaitre tout le monde. Voilà que la famille informe sur les derniers épisodes de monsieur en termes de santé. On évoque une intervention il y a quelques semaines.

Et voilà le climax de l’histoire. La famille, n’étant pas dans le milieu, doute des informations qu’elle vient de communiquer. Étant à l’hôpital et ayant ce qu’ils considèrent une référence devant eux, surtout avec un bel ordinateur juste à côté ; ils s’aventurent et… posent des questions! Voici la réponse, et là, je paraphrase :

« Je n’ai aucune idée des détails au sujet de cette intervention ou autres épisodes d’hospitalisations, puisque je n’ai pas accès à son dossier dans le moment, il vient d’arriver et j’attends que quelqu’un m’apporte son dossier papier des archives ».

Je vous laisse deviner à quoi j’ai pensé. Certainement à cet article.

Je tenais à partager cette expérience concrète afin de prouver mon point.